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Vers une commune sans pesticides, intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 16 septembre 2019

A l’occasion du Conseil Municipal du 16 septembre nous avions co-signé un vœu avec les élus écologistes et de l’UDB à propos des pesticides de synthèse. Vous retrouverez ce vœu ici. A la dernière minute, le Parti Socialiste, le PCF et le PRG a proposé un amendement retirant le dernier alinéa qui proposait de rejoindre les communes interdisant les pesticides de synthèse dans un rayon de 150 mètres autour des habitations et lieux de travail. Avec les voix de la droite, cet amendement a été voté, rétrécissant de fait l’impact de notre vœu qui, ensuite, a été voté à l’unanimité. 

Voici l’intervention de Jean-Paul à ce propos :

 

Madame la Maire, chers collègues,

            Nous sommes très fiers de co-signer ce vœu avec les élus écologistes et de l’UDB. La question des pesticides de synthèse, largement débattue ces derniers mois, mérite aussi d’être discutée au sein de ce Conseil.

            Inutile de revenir sur la dangerosité de ces produits, aussi bien pour les consommateurs que pour les agriculteurs et même pour l’ensemble des personnes vivant ou travaillant à proximité des champs où ont lieu ces épandages. Sans parler des impacts sur la biodiversité en général. Il s’agit donc d’un sujet majeur qui touche à plusieurs domaines : environnement, santé publique, conditions de travail. Voilà pourquoi il faut des réponses rapides à tous les niveaux, de la commune à l’État.

            Malheureusement, le Gouvernement continue de plier face aux lobbies et ne semble absolument pas résolu à planifier une sortie des pesticides de synthèse. Comment ne pas y voir une blague quand le Premier Ministre évoque l’éventualité d’interdire ces produits chimiques dans un rayon de 5 à 10 mètres autour des habitations ?

Dès lors, la commune a pour devoir de suppléer aux carences de l’État. C’est pourquoi de nombreuses villes et de nombreux villages ont fait le choix d’interdire les pesticides de synthèse dans un rayon de 150 mètres autour des habitations et lieux de travail. Certes symboliques puisque cassés par la justice administrative, ces arrêtés municipaux ont tout de même eu au moins deux mérites. D’abord de mettre ce sujet sur le devant de la scène, entraînant une prise de conscience importante des enjeux liés aux pesticides de synthèse, mais également de l’inscrire à l’agenda politique national. Un grand bravo donc à la soixantaine de communes qui a pris cet arrêté.

            Ce vœu, vous l’avez compris, s’inscrit dans cette démarche afin que notre ville prenne un arrêté similaire. Il va plus loin en organisant une sortie programmée de tous les pesticides de synthèse sur notre territoire dans les 5 ans au profit d’une agriculture biologique.

Malheureusement, Madame la Maire, vous avez déjà fait savoir dans la presse et en présentant un amendement de dernière minute à ce vœu que vous êtes opposée à la prise d’un tel arrêté car il ne serait que symbolique. Hormis le fait que la symbolique a son importance en politique, ces arrêtés s’inscrivent aussi dans un rapport de force lui bien réel entre le Gouvernement et les porteurs d’une politique agricole paysanne. Ne pas jouer cette carte c’est faire un cadeau au Gouvernement.

Comme le dit le désormais célèbre Maire de Langouët, Daniel Cueff, je cite, « Maintenant c’est clair : la maire de Rennes ne veut pas prendre les décisions de protection de la santé de ses concitoyens ni même être solidaire des petites communes qui décident de la protéger des pesticides de synthèse. Quel dommage ! ».

Oui, quel dommage. Attendre que le Gouvernement agisse, comme vous l’avez récemment écrit, pour sortir des pesticides de synthèse, est totalement en-deçà du niveau d’engagement que nous devrions avoir sur ce sujet. Si « Terre de source » est un outil utile qu’il faut développer, la maîtrise de nos capacités foncières municipales et métropolitaines ainsi que le jeu des aides économiques sont autant d’outils qui doivent permettre d’engager cette nécessaire transition.

            J’ajouterais une dernière chose. Nos vœux respectifs, votés à l’unanimité lors du dernier Conseil Municipal en juin dernier, décrétant l’État d’urgence climatique à Rennes, n’ont toujours pas été concrétisés malgré nos tentatives réelles de travailler en commun cet été et en cette rentrée. Madame la Maire, de ce que nous disent vos équipes, finalement il n’y aurait qu’une « information sur les enjeux du réchauffement climatique ». Au-delà du fait que cela serait trahir le vote du Conseil Municipal et donc une attaque à un fonctionnement démocratique de base, comment pouvez-vous faire croire que votre soi-disant conversion à l’écologie apparaisse comme crédible ?