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A propos de la future « Charte terrasses », intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 24 juin 2019

            Madame la Maire, chers collègues,

            Par cette délibération vous nous proposez de prendre acte du contenu de la prochaine « Charte Terrasse ». Ce document a vocation à encadrer le déploiement des 500 terrasses de bars et restaurants sur notre ville, et particulièrement dans les places les plus animées du centre-ville (Saint-Anne, Saint-Germain, Gare).

Les principes et injonctions portés par cette charte sont de natures différentes et méritent d’y consacrer quelques instants.

            D’abord il est proposé d’interdire les chauffages et brumisateurs extérieurs. Pour des raisons environnementales évidentes c’est une bonne chose ; nul besoin de développer. De la même manière, l’interdiction des publicités est à voir d’un bon œil, à la fois pour des raisons esthétiques mais aussi dans une optique d’éradication de la publicité, véritable pollution visuelle.

            Ensuite, il est également proposé d’interdire les barnums pour des raisons esthétiques. Ils gâcheraient le patrimoine bâti et nuiraient au tourisme. Nous ne sommes pas d’accord avec cette analyse pour deux raisons.

D’abord, Nous considérons que le patrimoine n’est pas que matériel, il est aussi culturel. Les barnums colorés des places St-Michel ou Rallier du Baty font partie du patrimoine rennais. Dans l’imaginaire collectif, Rennes, ville étudiante majeure, est une ville festive. Cela fait partie de son identité. Supprimer les barnums atténue cette spécificité, ce qui n’est pas souhaitable autant pour des raisons économiques que par principe : en effet, on ne décrète pas une identité, elle se construit au fil du temps avec ses habitants. Nous ne sommes pas dupes, la volonté sous-jacente est d’attirer des publics différents, plus aisés, venant faire des affaires ou participant à un congrès notamment. Cela ne doit pas se faire au dépend des Rennaises et des Rennais, sinon cela s’appelle de la gentrification.

Et surtout, cette suppression des barnums entraînerait des difficultés majeures pour un  certain nombre de commerçants locaux qui réalisent une grosse partie de leur chiffre d’affaire grâce à ceux-ci, notamment en hiver. Nul besoin de faire un dessin, quand les barnums n’ont pas 4 faces, le vent et la pluie peuvent s’engouffrer, au détriment de la clientèle. Avec cette mesure, des commerçants mettront la clef sous la porte. Nous ne pouvons l’accepter.

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