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A propos des projets de transports en site propre hors rocade, intervention de Yannick au Conseil de Rennes Métropole du 14 novembre 2019

A l’occasion du Conseil de Rennes Métropole du 14 novembre 2019, des scénarios de développement de transports en commun en site propre ont été débattus pour les zones Nord-Est, Sud-Est et Sud-Ouest de Rennes. Vous trouverez les-dits scénarios ici.

Monsieur le Président, chers collègues,

Je souhaite d’abord pointer une réelle satisfaction à débattre de projets de transports en commun en site propre qui sortent de la rocade. En effet, si nous avons eu à maintes reprises l’occasion de traiter et d’évoquer la ligne B du métro par exemple, c’est bien la première fois que des projets d’investissements lourds pour les communes dites « périphériques » à Rennes sont envisagés en matière de transport en commun.

Certes, la soudaineté de cette modification assez majeure du projet de PDU a de quoi surprendre. La décision d’orientation a été hâtive, en témoigne la communication en flux tendu (ce matin pour ce soir) des documents cartographiques d’appui. Nous devons valider notre PDU en janvier prochain, avec des adjonctions de cette ampleur aurons-nous le recul voulu ? D’autre part, nous devons légitimement nous interroger sur la place des habitants de notre Métropole dans le processus de décision sur des orientations aussi majeures. Soyons clairs, avec un tel rythme décisionnaire, basé principalement sur la contribution d’un petit nombre d’experts, il n’y aura pas de place pour une élaboration citoyenne de projet de transport d’une telle importance.

Un autre point me laisse dubitatif. L’idée, largement partagée dans cette Assemblée, de RER métropolitain n’est pas envisagée dans cette délibération. Pourtant, il s’agirait d’un axe de développement majeur du transport en commun au-delà de la rocade. Je ne reviens pas sur son utilité et sa faisabilité. L’exposé de la délibération indique que, je cite, « l’articulation avec les études ferroviaires sera approfondie lors des études ultérieures ». Autrement dit, le RER métropolitain est renvoyé à plus tard. Je regrette qu’une réelle étude ne soit pas portée à la connaissance du Conseil Métropolitain. Il me paraît essentiel de mener concomitamment les
études sur le RER et les projets présentés ce soir, il en va de la cohérence globale de nos projets en matière de flux.

Concernant les scénarios envisagés, quelques remarques.

Il est d’abord proposé qu’un « trambus », c’est-à-dire, un bus très régulier et en site propre, relie la future station de métro ViaSilva et le centre de Thorigné-Fouillard, en passant par le Nord de Cesson et ses nouveaux quartiers. C’est une idée qui semble tout à fait cohérente et favorise la multimodalité. J’ajouterais qu’une ligne de bus permettant de relier le nord de Cesson-Sévigné avec son centre-ville va vite s’avérer indispensable pour éviter que la ville se trouve symboliquement coupée en deux.

Ensuite, 3 scénarios sont envisagés pour relier la gare de Bruz, via Ker Lann et l’autre extrémité de la ligne B du métro par une ligne de « trambus ». La question est de savoir où s’arrêterait le métro. Le scénario 1, que vous privilégiez largement à en croire la délibération, propose de ne pas envisager la prolongation de la ligne B en laissant pour terminus la station
Saint-Jacques Gaité. Il faudrait alors débourser 71 millions d’euros pour l’aménagement du trambus. Le scénario 2 propose une prolongation du métro jusqu’au quartier de la Morinais pour un coût d’investissement de 210 millions d’euros, et le scénario 3 une prolongation jusqu’à l’aéroport pour un coût de 355 millions d’euros. Je partage votre point de vue sur la non opportunité d’une prolongation jusqu’à l’aéroport qui favoriserait mécaniquement le développement de ce dernier. C’est à mon sens un impératif écologique quand on connait l’impact environnemental de l’avion. En revanche le scénario 2 (prolongation du métro) mériterait d’être étudié plus en profondeur car il bénéficierait aux habitants du quartier de la Morinais, quartier assez dense et populaire. Par ailleurs, ceci faciliterait l’intermodalité avec la halte ferroviaire de Saint-Jacques non loin.

Enfin, 4 scénarios sont décrits concernant l’aménagement du quadrant sud-est en matière de transports. Ils sont assez inégaux en coût et en ampleur. Parmi ces scenarii complexes qu’il va falloir étudier et trancher, il est regrettable qu’un scénario 5 proposant la prolongation du métro, en longeant la rocade, jusqu’à la halte ferroviaire de la Poterie ne soit pas examiné. En effet, aujourd’hui peu fréquentée par les habitants puisque mal connectée, cette halte pourrait devenir un vrai pilier de l’intermodalité entre RER métropolitain et métro. Sans oublier que plus de 13 000 personnes travaillent dans la Zone industrielle Sud-Est dans laquelle elle se
trouve.

Voilà Monsieur le Président, chers collègues quelques enjeux qu’il me paraissait important de souligner et auxquels l’équipe métropolitaine suivante devra s’atteler. Pour ce soir, je me satisfais de ce débat. Merci de votre écoute.

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