Menu Fermer

A propos du budget 2019 de la Ville, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 4 février 2019

            Madame la Maire, chers collègues,

            Le budget qui nous est présenté ce soir est dans la ligne des budgets antérieurs et du Rapport  d’Orientation Budgétaire. Il s’inscrit aussi dans le cadre des politiques conduites par les pouvoirs publics depuis 2014 notamment à travers, nous avons déjà évoqué ce point, les baisses drastiques des dotations aux collectivités.

            La ville de Rennes a fait le choix de maintenir un taux d’augmentation des dépenses de la section de fonctionnement de 1,63 % alors que la contractualisation avec l’Etat donne pour la Ville de Rennes un taux directeur annuel de 1,3%. Nous soutenons cet acte volontaire. Pour autant la question que nous devons nous poser est de savoir si cela suffira pour que la ville puisse faire face à toutes ses obligations vis à vis de ses habitants, en augmentation constante, et à la satisfaction de leurs besoins. Cela sera sans doute insuffisant au maintien de bonnes conditions de travail et de rémunération pour les agents et cadres de la Ville de Rennes.

Les dépenses liées à l’énergie progressent fortement du fait de l’augmentation du prix de celle-ci. Elles progressent en valeur absolue de 570 000 euros soit une hausse de 7,7%. Cette augmentation contrainte montre bien la nécessité impérative de mieux maîtriser la rénovation énergétique thermique de bâtiments de la ville. Rennes y consacre cette année 3 millions d’euros. Au regard de la taille et de la surface en patrimoine bâti de la ville de Rennes cela semble peu, seulement 4% du budget d’investissement.

Les dépenses de personnel progressent de 1,52 % soit de 2, 404 M d’Euros. Il faut noter que la part majeure de montant est liée au dispositif de parcours professionnel PPCR et à la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire RIFSEEP. En y intégrant le Glissement Vieillissement Technicité (GVT) les effets de ces trois dispositifs représentent 2,1 M d’Euros sur les 2,4 précités. Le nouveau système indemnitaire maintient  globalement le statu quo pour les agents en fonction, par contre il se traduit par une altération potentielle du régime indemnitaire pour les nouveaux agents.  Cela pose la question de l’attractivité  à terme de nos postes de travail. Le mécanisme d’individualisation des carrières remet en cause  l’égalité dans le déroulement de carrière qui prévalait auparavant.

En parallèle, comme chaque année, certaines subventions et financements nous paraissent bien superflues, voire dommageables, d’autant plus dans un budget contraint. Je pense bien sûr au déploiement du programme de vidéo-protection, aux subventions pour certaines activités commerciales ou pour certaines structures religieuses, etc.

            En ce qui concerne l’équilibre général du budget en termes d’investissement les points clés ont été décrits au sein du Rapport d’Orientation Budgétaire. Nous avions alors fait part de nos analyses et observations.

Tout de même, un exemple révélateur des imperfections de ce budget d’investissement. Le projet de kiosque des Frères Bouroullec sur la Vilaine, indiqué dans ce budget, nécessite la dépense de 870 000 euros, ce qui excède largement les crédits votés au dernier Conseil Municipal pour cette même opération (300 000 euros). Vous avez indiqué que ces dépenses seront couvertes en tout ou partie par du mécénat. J’ai sur ce point deux questions. Qu’en sera t-il si ce n’est pas le cas, cet ouvrage sera-t-il tout de même mis en œuvre ? Devons-nous laisser le mécénat guider certains aspects de notre politique culturelle ? Il s’agit d’une tendance qui n’est pas positive pour nos politiques publiques.

Enfin, certains investissements qui revêtent une importance majeure et une urgence sont trop peu pris en compte. Ainsi, la liste des demandes de place en crèche dans notre ville continue à s’allonger, il faudra bien répondre à ces besoins. De la même manière, par exemple, le budget annexe photovoltaïque reste vraiment faible, 24 600€, et toujours sans plan pluriannuel, au regard de la nécessité d’une transition écologique et au potentiel de notre ville.

Autres articles qui pourraient vous intéresser