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Construire à Rennes, oui, mais pas n’importe comment !

          L’opposition massive d’habitants du Landry au projet de ZAC du Haut-Sancé, qui prévoit la construction de 500 logements, ou celle des habitants de la rue de Vern contre un projet de tour de 17 étages, révèle un décalage important avec les choix de la majorité sur l’accueil des nouveaux habitants dans notre ville. En effet, depuis le début du mandat, Rennes accueille 1500 nouveaux habitants chaque année en moyenne. S’il faut leur permettre de se loger convenablement et à un coût décent, les conditions de la densification méritent une autre approche.

               Nous soutenons la volonté affichée par Rennes Métropole de ne pas trop construire de nouveaux logements sur des terres agricoles, c’est-à-dire de limiter l’étalement urbain.

          Il s’avère aujourd’hui cependant que de nombreuses études démontrent que les tours de grande hauteur posent un certain nombre de problèmes environnementaux, notamment en termes énergétiques, comme nous l’avions dénoncé lors du débat sur la tour Samsic du quartier EuroRennes. Voilà pourquoi nous ne sommes pas favorables à des constructions trop hautes, dépassant 10 étages.

De la même manière, la densification d’un quartier ne peut pas s’imposer brutalement comme c’est le cas avec le projet du Landry. 500 logements supplémentaires d’un coup ce sont plus de 1000 nouveaux habitants. Le quartier sature déjà aux heures de pointe, les bus sont pris d’assaut, l’accès aux services publics est limité, etc. En l’état, le projet de ZAC du Haut-Sancé ne répond pas à ces enjeux, ce qui entraîne la colère légitime des habitants.

            C’est pourquoi, nous pensons que certains outils d’une densification maîtrisée ne sont pas assez utilisés. Tout d’abord, trop de mètres carrés de bureaux envahissent les nouveaux quartiers. Ces surfaces pourraient être diminuées et dédiées à du logement. Ensuite, nous privilégierions la (re)construction de logements dans les bâtiments et logements vides (plus de 8000 sur la ville) ou dans les « dents creuses » de la Métropole, ces espaces vides et non-aménagés entre deux constructions. Nous pensons également que les logements mis à disposition de plateformes de locations comme AIRBNB devraient être mieux encadrés et qu’il faudrait mettre en place un permis de louer.

De plus, nous ne partageons pas la volonté de la Majorité d’attirer à tout prix des Parisiens pour s’installer à Rennes comme le montre par exemple la campagne « Passez à l’Ouest ». Au-delà de la gentrification qu’elle entraîne, ce sont des centaines de personnes supplémentaires à loger. En effet, 13 % des appartements neufs à Rennes ont été achetés par des Franciliens (8 points de plus qu’il y a cinq ans) et dans l’ancien, la proportion d’acheteurs parisiens est aujourd’hui de 5 %, contre 1 % il y a 5 ans. Il ne faut pas confondre, qualité d’accueil et incitation à s’installer à Rennes.

          Enfin, comme pour de nombreux choix politiques de la Majorité, la co-construction avec les habitants est inexistante, seules comptent la communication et l’image. Cette critique nous l’entendons partout, du Haut-Sancé aux habitants du boulevard Marechal-de-Lattre-de-Tassigny en passant par les associations de la Prévalaye ou des Prairies St Martin. Sur des enjeux aussi majeurs pour le quotidien des habitants concernés, comme sur celui de la nature en ville, se contenter d’informer en restant sourds aux critiques pose problème. Lorsque nous entendons Monsieur Sémeril, 1er adjoint, à l’urbanisme, répliquer à 200 habitants du Landry « Nous ne sommes pas d’accord mais jusqu’en mars 2020 c’est nous qui décidons », nous disons qu’il est grand temps que la démocratie locale à Rennes ne soit plus uniquement du marketing mais une réalité.

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