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Du Minitel à la réalité virtuelle, Rennes n’a pas attendu Google pour être numérique !

Le 8 juin dernier, Google a inauguré son premier « Atelier numérique » au monde … à Rennes. Cet atelier a vocation à former toute personne qui le souhaite aux divers outils numériques proposés par Google. Tout y est gratuit et ouvert, avec ou sans rendez-vous, ce qui peut paraître être un service utile aux citoyens, voire complémentaire aux initiatives prises par la Ville en ce sens. Cependant, nombreuses sont les zones d’ombres sur l’implantation du géant du net.

Pourquoi à Rennes ?

Rennes est un site de recherche et de formation au numérique exceptionnel. C’est l’un des rares sites en Europe où l’on trouve réunies dans la même ville la recherche en informatique la plus pointue associée à la recherche sur les usages et sur les arts numériques. La formation n’est pas en reste puisque nous comptons de nombreux lieux gratuits d’acculturation au numérique (dans les maisons de quartier et les associations) puis de nombreuses formations professionnelles jusqu’à l’offre très riche de nos universités et de nos grandes écoles ou encore du Lycée Bréquigny qui abrite une Coopérative Pédagogique Numérique. Après Barcelone, Rennes est aussi la Ville d’Europe qui compte le plus de FabLab (10).

L’objectif sous-jacent de Google ne serait-il pas d’intégrer opportunément un écosystème largement impulsé par la puissance publique pour en vampiriser les bienfaits sans pour autant y contribuer ?

En effet, même si Google n’est pas la seule entreprise en cause, elle est aussi maîtresse dans l’art de l’évasion fiscale. Rien qu’au niveau national, on estime que le géant du net n’a payé que 6,7 millions d’€ d’impôts au lieu du milliard qu’il aurait dû. Sur l’exercice 2016 les GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Apple, Microsoft) n’ont payé en moyenne que 0.21% de taux d’imposition. Dans le même temps, le contribuable sera mis à contribution pour financer le réseau en fibre optique, c’est 2 milliards d’euros pour le seul réseau public breton Mégalis. Le déploiement de ces réseaux très haut débit, profite pourtant en premier lieu à Google et en particulier à sa filiale YouTube qui utilise plus de ma moitié de la bande passante.

Pas d’impôt par le jeu de l’optimisation fiscale vers les paradis fiscaux, pas d’investissement dans les infrastructures et maintenant le pillage de nos talents ?

Tout cela sans oublier les dangers que représentent les fameux GAFAM en termes de libertés individuelles. Le marchandage de nos données (goûts, habitudes, rythme de vie, etc.), dont Google est maître en la matière, fait de nous des consommateurs de tous les instants, ciblés en permanence par des incitations à la consommation. Populariser Google et ses outils va donc à contre-sens avec l’objectif politique de préservation des données personnelles. A travers ses différentes activités, gmail, agenda, map… son système d’exploitation Android qui équipe plus de la moitié des mobiles de la planète, son moteur de recherche et ses filiales dont YouTube et Waze, Google sait où vous êtes, ce que vous faites, vos centres d’intérêts. Son hégémonie est telle, son niveau d’information sur chacun d’entre nous si important qu’il est légitime au moins de s’interroger sur les conséquences que cela représente pour nos libertés. D’un point de vue industriel, son modèle est un modèle de prédation qui vise à acquérir ou à détruire tout acteur qui pourrait remette en cause son hégémonie, et ses moyens financiers le lui permettent. Il y a une question politique centrale qui devra être résolue. C’est celle de l’incompatibilité entre l’hyper puissance de sociétés à capitaux privés qui fédèrent les usages de milliards de personnes sans contrôle citoyen et l’intérêt général.

Alors doit-on lui dérouler le tapis rouge ?

Pour toutes ces raisons, la France Insoumise fait de la recherche, de l’éducation au numérique, de la protection des données et de la lutte contre l’évasion fiscale ses priorités. Localement, nous sommes favorables à la construction citoyenne d’une charte locale de développement numérique du territoire, à l’image de la charte mondiale du MIT pour les FabLab. Centrée sur l’usager, le citoyen de la Métropole, cette charte définirait de manière stricte les conditions d’utilisation de nos services et infrastructures numériques publiques par les entreprises. Elle garantirait l’indépendance des services publics du numérique vis-à-vis de Google et des GAFAM.

 

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