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Face à la crise sociale et l’impéritie du Gouvernement, Rennes doit être un bouclier social ! Déclaration de Jean-Paul au Conseil Municipal du 18 mai 2020

Madame la Maire, chers collègues,

La crise sanitaire inédite que nous traversons ainsi que les crises économiques et sociales qui l’accompagnent le démontrent, le rôle dirigeant de la puissance publique doit être central car il est stratégique. Plus personne ne peut soutenir l’idée que le libre marché, le libéralisme économique, puissent être efficaces pour répondre aux besoins humains. Ils sont même, nous le constatons en ce moment, les ennemis de la souveraineté des peuples. Les Gouvernements successifs de ces 30 dernières années, dont celui d’Edouard Philippe, n’ont cessé de répéter sur tous les tons que l’encadrement de l’Etat et les normes qui l’accompagnent étaient un virus qu’il fallait endiguer. C’est cette pensée et la bureaucratie hypertrophiée d’un Etat désarmé qui ont détruit les stocks stratégiques de masques, conduit à une gestion erratique de la crise et laissé partir les productions de médicaments à l’autre bout de monde alors que nous en avons encore plus besoin aujourd’hui qu’hier.

Le Président Macron ne semble pas avoir pris la mesure de cette réalité. Les milliards d’argent public pleuvent sans contrepartie sociale et écologique, les dividendes sont distribués presque comme si de rien n’était, les réglementations environnementales sont assouplies comme nous avons pu le subir en Bretagne concernant les épandages et, bien sûr, aucun effort fiscal n’est demandé aux plus aisés. La priorité va au business, l’ingérence publique est proscrite quand bien même celle-ci serait utile à l’intérêt général.

Face à cette impuissance d’Etat, les collectivités locales ont dû prendre le relai. Notamment les communes.

Nous tenons avant toute chose à saluer le travail de l’exécutif et de la cellule de crise de notre ville qui, nous le savons, a beaucoup œuvré pour compenser l’impéritie du Gouvernement. Je pense évidemment à la commande de masques gratuits pour toute la population mais aussi aux différents dispositifs sanitaires tels que la mise en place du centre médical anti-covid de la Poterie ou la ligne téléphonique d’urgence psychologique. Que des dispositifs qui sont normalement du ressort de l’État.

Je pourrais citer d’autres domaines dans lesquels l’action de la cellule de crise a été bénéfique mais nos votes de ce soir parleront d’eux-mêmes. Je préfère consacrer le peu de temps qu’il me reste à être force de propositions.

En matière de protection des personnes et des familles, il y a un domaine en particulier, et non des moindres, qui mériterait un changement de cap de la Majorité, celui de l’aide sociale. La précarité s’accélère dangereusement ces dernières semaines partout en France. Les premiers plans de licenciements commencent à être évoqués, de nombreux commerces vont fermer, des autoentrepreneurs et artisans n’ont plus de quoi boucler les fins de mois. Sans parler des étudiants, artistes ou encore intérimaires qui connaissent aussi une situation très difficile. Et ce ne sont pas les mesurettes annoncées par le Gouvernement qui enrayeront la catastrophe sociale.

Face à cette situation, notre ville, via le CCAS, peut et doit jouer un rôle majeur mais encore faut-il aller au-delà des règles fixées de 6€ par jour et par personne, soit 180€ maximum d’aides par mois, et ceci 5 fois dans l’année tout au plus. Ce niveau d’aide n’a pas bougé depuis 9 ans, il devient donc urgent d’en augmenter le montant et la durée. Il faut écrire à tous les foyers de la Ville pour leur faire connaître leurs droits afin de lutter contre le non-recours.

Enfin, concernant la grande pauvreté, celle qui pousse à la rue, là aussi il va falloir suppléer l’Etat. Voilà des années que son devoir de mise à l’abri des personnes n’est pas pleinement assuré, une ville solidaire ne peut plus laisser faire ça sans agir. Si certaines solutions temporaires ont été trouvées durant les 2 mois de confinement, il devient toujours plus impérieux de faire valoir le droit à réquisitionner auprès de la Préfecture et de multiplier les commodats pour faire en sorte que plus personne ne dorme à la rue à Rennes. Sachant que le déconfinement pose de graves questions dans ce domaine.

Voilà Madame la Maire, quelques suggestions, déjà formulées mais restées sans effet, sans esprit de polémique, en espérant qu’elles soient comprises comme telles.

Merci de votre écoute.

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