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Gestions de crise du Coronavirus à Rennes : nos questions

Le 10 avril a eu lieu un Conseil Municipal en visioconférence dont le point unique à l’ordre du jour était de faire un bilan d’étape de la gestion de crise à Rennes.

 

Bonjour Mme la Maire, bonjour chers collègues,

 

Nous avons pris le parti de ne pas intervenir sur la crise sanitaire et ses conséquences en général mais de nous concentrer sur la situation à Rennes et sur la gestion par la ville de cette crise.

Tout d’abord, nous, élus du Parti de Gauche/ France Insoumise du Conseil municipal tenons à manifester notre totale solidarité et loyauté vis à vis de l’exécutif de la ville et de ses agents dans la gestion de cette crise. La situation sanitaire est très grave et nécessite, sur le plan local, ce sérieux et la mobilisation de tous.  Nous le voyons, les services publics sont essentiels, vitaux. Notre CHU confirme son engagement continuel pour notre santé. Nous le constatons aussi  dans ce pays,  les élus sont, de par leur engagement,  particulièrement exposés et atteints par cette épidémie.

Nous nous devons toutefois de convenir qu’au delà de ses impacts sanitaires, cette crise épidémique entraîne des conséquence sociales lourdes et durables, notamment pour les personnes les plus démunies et celles qui sont aussi d’ores et déjà frappées par les conséquences économiques et sociales de cette crise.  Il est clair que globalement celle-ci est révélatrice des inégalités sociales dans plusieurs domaines comme l’éducation, le logement, l’hébergement, le grand âge.

 

URGENCES SANITAIRES :

La prise en compte de ces situations, par la ville, d’une façon large et globale est rassurante. Nous souhaitons toutefois attirer l’attention sur deux aspects.

  • Dans les EHPAD, le confinement des résident.e.s dans leurs chambres, l’absence de visites, accentuent une détresse psychologique liée à la solitude. Est-il possible de créer ou d’accroître des visites régulières par des professionnels, avec des conditions de protection adaptées,  pour soulager leur angoisse ?
  • Un point nous été rapporté par les bailleurs sociaux. Le confinement accentue dans différents lieux d’habitation les comportements à risque des personnes en fragilité psychologique et psychiatrique, pour elles et pour leur voisinage. Pour des raisons de sécurité sanitaire, les médiateurs des bailleurs sociaux ne se déplacent plus. Cette situation est préoccupante. Des modalités d’action adaptées seraient-t-elles envisageable en lien avec les bailleurs ?

URGENCES SOCIALES :

La situation sociale d’un nombre important de personnes est frappée de plein fouet par cette épidémie. Nous devons être vigilants sur le rôle que peuvent jouer les institutions sociales comme le CCAS, le CAF, les bailleurs sociaux et les associations d’aide.

Institutions sociales :

  • Caractère universel du CCAS. Les CCAS sont fermés sauf le site situé rue du Griffon. Un accès local aux CCAS dans les différents quartiers serait nécessaire. Il s’agirait de répondre localement et uniquement à des demandes d’aides pécuniaires d’urgences en argent liquide ou en bons alimentaires, qui seraient versées par les régisseurs. Cela bien entendu aurait lieu sur une plage horaire limitée et avec toutes les précautions sanitaires liées aux espaces de contacts humains. Réduire les déplacements et la traversée de la ville des familles nous semble une priorité dans le cadre du confinement Pouvez-vous avancer dans ce sens ?
  • Les règles actuelles du CCAS restreignent à 5 aides par an et par personne. Pourriez-vous modifier et augmenter le nombre d’aides possibles ?
  • Les règles actuelles du CCAS restreignent à 180€ par personne et par mois l’aide pécuniaire maximum possible. Pourriez-vous augmenter ce montant ?
  • L’appauvrissement généralisé va amener des familles encore inconnues ou peu connues à ce jour des services sociaux, dans de plus grandes difficultés financières. Du coup il faudra faire à face de nouvelles demandes et aussi au fait que parmi ces familles en détresse sociale,  beaucoup ne formuleront de demande d’aide. C’est une situation qui va devoir être anticipée. La ville a mis en place très tôt une cellule d’écoute psychologique. La cellule d’écoute va devoir être en capacité de faire face à ce nouveau défi et à la nature sociale des questions. Quelles peuvent être les  propositions  en la matière ? Nous ne savons pas quand la crise sanitaire s’arrêtera, mais nous savons qu’à coup sûr une grave crise économique et sociale lui perdurera.
  • Pourriez-vous interpeller la CAF pour que les APL puissent être adaptées à la réalité des revenus de cette période ?

Bailleurs sociaux :

  • Pourriez-vous inviter les bailleurs sociaux à investiguer auprès de leurs locataires afin de leur demander dans quelles mesures leurs revenus ont diminué depuis la mi-mars et leur demander un moratoire sur les loyers et/ ou leur allègement pour les personnes en difficultés ?
  • Le FSL (Fonds Social du Logement) contribue à aider les familles en difficulté. La part de la collectivité, à ce fonds, peut elle être momentanément  augmentée ?
  • Les interdictions d’expulsion des logements sont interdites jusqu’au 31 mai. Pourriez-vous éditer un arrêté suspendant toute expulsion et toute coupure (téléphone, eau, électricité, gaz) au delà de cette date du 31 mai?
  • Quels dispositifs d’aides sont en cours ou envisagés pour les personnes sous curatelle et tutelle et les personnes sans carte bancaire ni chéquier ?

Associations :

  • Différentes dispositions existent en ville pour permettre aux familles une alimentation d’urgence. Ces dispositifs s’appuient  sur les associations et sur la ville. La ville a t-elle prévue d’augmenter les dotations de ces associations ? Le Conseil Départemental vient doter de 15000 euros  le Secours Populaire Français.  Elles sont particulièrement  investies et centrales dans cette prise en charge spécifique.

HEBERGEMENT D’URGENCE :

* Alors que des premières études montrent une forte augmentation des violences intra familiales et notamment celles faites aux femmes (+32% depuis le début du confinement), prévoyez-vous des places d’hébergement d’urgence supplémentaire au-delà de ce que propose déjà l’ASFAD ?

* Il y a plusieurs dizaines de personnes sans hébergement  dans les rues de Rennes ou dans des locaux insalubres.  Cette situation induit des risques infectieux pour ces personnes. Des réponses adaptées sont nécessaires. Qu’est il envisagé au niveau de la ville, en lien,  bien entendu, avec les obligations de l’Etat en la matière ?

SCOLARITE :

  • Le décrochage scolaire constaté par les enseignants atteint des proportions très fortes. Cette situation très inquiétante nécessite des dispositifs incitatifs auprès des familles et des jeunes mais aussi logistiques et en matériel numérique (le nombre des familles n’ayant pas un accès numérique est estimé  7,5%). En lien avec l’Education nationale, les associations de parents d’élèves, les association d’aide à l’éducation, la ville pourrait-elle augmenter ses capacités d’aide  sur ces points. Elle a déjà commencé à agir. Nous pouvons tous convenir qu’un bilan détaillé sur l’ensemble de la situation est impérativement nécessaire. Il y va de l’avenir de ces enfants. N’ajoutons pas de l’inégalité à l’inégalité.

 VILLE EMPLOYEUR :

* Selon nos informations 1500 des 5000 agents de la Ville et de la Métropole sont en poste pour faire face à la crise actuelle et maintenir les services publics essentiels. La ville a mis en place des moyens de protection de ses agents contre le risque infectieux. Pour consolider ces mesures, en apprécier leur portée et les difficultés éventuelles, un CHSCT extraordinaire serait, selon nous nécessaire. Est-il prévu ?

* La ville a étendu de façon opportune, au delà des seuls enfants de soignants,  la garde des enfants de l’ensemble professionnels mobilisés pendant la gestion de cette crise sanitaire. Cette prise en charge à lieu jusqu’à l’âge de 12 ans. Cela semble, pour certaines familles un âge trop jeune pour que l’enfant puisse rester seul à la maison. Cet âge peut –il être augmenté.

 

Enfin ce sujet a été abordé au cours de ce conseil municipal. Dans de nombreux quartiers de Rennes le respect du confinement va se heurter au paradoxe entre un habitat souvent exigüe, la nécessité de sortir, de se réunir pour pouvoir souffler, s’aérer et les modalités acceptables en termes de risque sanitaire. Au fur et à mesure de la durée de cette crise sanitaire cette contradiction sera de plus en plus forte. Il faudra trouver des solutions qui ne soient pas basées sur la seule présence policière. Ce n’est pas simple mais cela sera indispensable. C’est un défi auquel nous devons nous préparer.

Note : En complément des éléments qu’elle a apportés en séance, Me la Maire s’est engagée à répondre par écrit aux questions posées par l’ensemble des groupes politiques. Dès que nous serons en leur possession nous les publierons.

 

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