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Inacceptables violences policières à Rennes, déclaration de Jean-Paul au Conseil Municipal du 21 janvier 2019

Photo : Vincent Feuray

Madame la Maire, chers collègues,

 

Si nos trois minutes d’expression libre nous paraissent bien maigres pour nous exprimer sur un sujet aussi grave que celui de la répression et des violences policières, nous tenons néanmoins à le faire.

Samedi 19 janvier à Rennes le rassemblement régional à l’initiative des groupes de « gilets jaunes », a subi une répression orchestrée par le Pouvoir, ce qui a provoqué un chaos inédit depuis la manifestation des pêcheurs le 04 février 1994. Dès que les gilets jaunes tentaient d’organiser un cortège, ils étaient systématiquement contrariés dans le parcours, massivement et violement gazés. Ces attaques répétées contre les manifestants ont touché et scandalisé des Rennaises et Rennais, y compris des commerçants, témoins bien involontaires des moments d’affrontements. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui se plaignent de la baisse de leur chiffre d’affaire, obligés de fermer à cause de cette situation.

L’immense majorité des manifestants était déterminée dans leurs revendications mais pacifiste dans leurs expressions. C’est le dispositif agressif du Ministère de l’intérieur, annoncé dans la presse plusieurs jours avant, qui a transformé ce rassemblement en capharnaüm pour beaucoup et en cauchemar pour certains.

Les gilets jaunes voulaient se rassembler place du Parlement ou place de la Mairie comme c’est le cas systématiquement depuis plusieurs semaines, sans problème majeur. Leur interdire ces accès, alors qu’ils sont mobilisés depuis 10 semaines allait de facto renforcer la spirale de violences. C’est vraiment les prendre pour des riens.

C’est le pouvoir qui crée les conditions de la violence car au lieu de sortir de son discrédit politique en répondant aux aspirations populaires, il provoque, pour discréditer les gilets jaunes en criminalisant leurs actions. Ce choix politique du Gouvernement est détestable. Pourtant, c’est celui que vous, Madame la Maire, soutenez, sous couvert de protection des biens et des personnes, en refusant l’accès au centre-ville et en n’ayant jamais un mot pour les manifestants, pour les blessés, pour les mutilés, pour leurs familles. Votre dernier communiqué est clair là-dessus, aucun mot pour le jeune homme qui a perdu un œil à cause d’un tir de flashball. Madame la maire, les poubelles ou les vitrines de banque ne sont pas mutilées à vie, elles n’ont pas de famille. Même si, nous le rappelons, ce ne sont pas du tout nos modalités d’action.

En 2016, lors des mobilisations syndicales contre le projet de loi El Khomri, les décisions politiques du Président Hollande, du premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve n’ont cessé d’être répressives, violentes et mutilantes, pour au final, aboutir à une déroute morale du parti socialiste. À cette époque vous souteniez déjà très tôt cette stratégie. Ici-même, en plein Conseil Municipal, vous aviez refusé de répondre à une question posée par des étudiants sur l’usage des LBD et la perte d’un œil pour Jean-François, allant jusqu’à suspendre le Conseil pour éviter de répondre aux jeunes.

Tout le monde a vu le décalage entre le week-end sur le « vivre ensemble » et le sort réservé aux manifestants et aux Rennaises et Rennais. Cela ne peut que vous interroger. Pour nous, le « vivre ensemble » s’appelle justice sociale et fiscale, c’est pourquoi la stratégie de guerre civile du Gouvernement ne mérite aucun soutien.

 

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