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Questionnements sur la nouvelle Maison de la tranquillité, intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du juin 2019

Madame la maire, chers collègues,

La décision prise par le conseil municipal de réhabiliter le Palais St Georges en Maison de la Citoyenneté et de la Tranquillité Publique, permettant le regroupement de services jusque-là éparpillés en ville, répond à de réels besoins.

Nous l’avons approuvé dans son principe comme nous approuverons ce projet de délibération.

Néanmoins, nous tenons à alerter sur cinq points.

Tout d’abord, une relocalisation aussi importante de services entraîne de facto des réorganisations, des réaménagements de bureaux, d’espaces d’accueil au public, de conditions de circulation, de stationnement, de restauration des personnels et plus généralement des contraintes de sécurité et d’accessibilité.

Toutes ces conséquences doivent recueillir l’avis du CHSCT (Comité d’Hygiène Sécurité et Conditions de Travail). Or, comme nous l’avons déjà dénoncé ici même au conseil municipal précédent, le CHSCT de la Ville de Rennes subit un choc terrible avec la démission de ses trois médecins du travail. Pire, des représentants des salariés et cadres reçoivent des intimidations de la part du président du CHSCT. Les conditions délétères que la majorité a créées dans ce CHSCT continuent de nous inquiéter. Ce ne sont pas les explications faciles et légères, voire méprisantes, émises par voie de presse, qui vont contribuer à rétablir une action de prévention, digne de ce nom, pour les 7500 employé.e.s.

Donc, ce gros dossier de réhabilitation part dans de très mauvaises conditions d’analyses par le CHSCT, ceci bien évidement, au détriment des salarié.e.s.

Nous demandons solennellement que la majorité rétablisse dans les meilleurs délais les conditions d’indépendance du CHSCT et de ses représentant.e.s salariés, abandonne l’idée de regrouper le Service de Santé au Travail au sein de la DRIS et œuvre à rattraper les démissions des trois médecins du travail.

Le deuxième point d’alerte concerne l’absence d’indications dans la délibération en ce qui concerne les matériaux à utiliser pour la réhabilitation du bâtiment, essentiellement en parties intérieures. Partant du principe que l’urgence climatique doit conditionner nos choix de matériaux bâtiment et considérant que ces travaux vont concerner des espaces de travail et d’accueil, le choix politique de prioriser le plus possible des matériaux respectant l’environnement dans leur conception et leurs effets, s’impose.

Nous demandons à ce que ce projet de réhabilitation soit réalisé avec des matériaux écologiques.

Le troisième point d’alerte concerne les conditions de circulation rue Gambetta et Paul Bert.

Actuellement, la descente de la rue Gambetta constitue une difficulté majeure au passage de l’entrée de la caserne actuelle et de la placette future. La traversée des piétons y est parfois dangereuse. Idem pour le carrefour des rues Paul Bert et Gambetta, les entrées / sorties beaucoup plus fréquentes nécessitent qu’une réflexion sur la circulation automobile, les accès vélos et piétons soient précisés.

Nous demandons à ce que les conditions d’accès à la future Maison de la Citoyenneté soient rapidement soumises à la réflexion du conseil municipal.

Le quatrième point d’alerte concerne le foncier et les bâtiments libérés à l’issue des regroupements à St Georges. Nous l’avons évoqué lors du débat sur la densité urbaine tout à l’heure. Là aussi, la décision politique se doit d’intégrer les urgences climatiques et sociales. Ainsi, les bâtiments dont la ville est propriétaire devraient être repensés pour créer des logements publics. Nous n’admettrons pas que la majorité vende des bâtiments publics à des promoteurs privés qui vont inévitablement contribuer à gentrifier le centre-ville. Le niveau de demandes de logements atteignant des sommets, les familles à la rue, des sans-abris par centaines, tout ceci doit nous mobiliser. Il ne suffit pas de compter les sans-abris, encore faudrait-il leur proposer un toit. La ville doit démontrer sa disponibilité pour renforcer l’offre publique de logements, à loyers modérés et ainsi protéger des familles de la rue et de la spéculation organisée par les investisseurs privés.

Nous demandons que la ville de Rennes conserve tous les bâtiments ainsi libérés et permette la transformation en logements à loyers modérés de ceux-ci.

Enfin le cinquième point d’alerte concerne la présence des pompiers en centre-ville. Nous constatons régulièrement l’extrême vulnérabilité du centre ancien. Si la question de la rapidité d’intervention des pompiers a déjà été posée, nous n’avons pas à ce jour de garantie sur la mise en place d’un dispositif adapté au centre-ville ancien.

Pourtant, actuellement, 80% des interventions de la caserne St George concerne le centre-ville. Ces mêmes 80% à partir de l’avenue François Château ne relèveront pas du même scénario de déplacement. En effet, les couloirs bus, passages piétons et cyclistes, très denses sur l’axe Est de la ville compliqueront inévitablement la rapidité des secours aux personnes et aux incendies. Prenons également en compte que le risque routier constitue un risque majeur pour les pompiers eux-mêmes. C’est pourquoi l’absence de poste avancé du SDIS dédié au centre-ville ancien expose les pompiers, les piétons, cyclistes et autres véhicules à des dangers supplémentaires.

Nous demandons que la réflexion sur cet aspect important soit sérieusement remise en étude.

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