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La nécessaire réhabilitation du centre-ville ne doit pas entraîner de hausse des loyers, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 3 décembre 2018

Madame la Maire, chers collègues,

            La ville  est engagée depuis 2008, a la suite d’un audit (Etude de M. Tattier) dans la réhabilitation du centre ancien. Le Conseil Municipal est régulièrement saisi de cette question.

            Le constat initial est établi sur une zone urbaine dense de centre ville d’une surface de 60 hectares. L’analyse faite alors recense 1600 immeubles dans cette espace. Le nombre d’immeubles dégradés est de 600 dont 300 sont évalués comme très dégradés.

L’audit constatait alors que malgré la vétusté, et l’insalubrité de nombreux logements, ceux-ci faisaient, de façon assez scandaleuse, l’objet de tarifs de location élevés. Outre l’insalubrité, la nature des matériaux de construction et leur délabrement graduel posaient à la ville un défi majeur en termes de maîtrise et de prévention des risques d’incendie. A ces difficultés il faut ajouter celle de la prise en compte du caractère patrimonial majeur de cet ensemble urbain, les deux tiers  de sa surface sont  classés en zone PSMV (Pôle de Sauvegarde et de Mise en Valeur).

            Face à ce constat, la Ville a engagé deux phases principales de réhabilitation, l’une de 2011 à 2016, l’autre, qui est en cours de 2016 à 2023. Selon les bilans présentés pour la première phase, 78 immeubles ont été réhabilités et 160 sont en cours. Il restait début 2017, 500 immeubles à réhabiliter. L’objectif posé pour la période en cours (jusqu’en 2023) est de 150 immeubles.

L’engagement de la ville et désormais de la Métropole est, compte tenu de la complexité d’opérations de cette nature, réel et constant. Les dépenses engagées ont été importantes. Il y a eu 39 millions d’euros d’argent public consacré à cette opération (ANAH, Rennes Métropole, Ville de Rennes). Pour la période en cours la dépense publique prévue est de 25 M€.

            L’actualité à Marseille, dans le Nord et la Région Parisienne le prouve, la question du logement insalubre reste centrale et intolérable.  Malgré le bon niveau d’engagement de Rennes, le thème de la vétusté nécessite notre vigilance tant sur l’aspect technique des choses que dans sa dimension sociale.

D’abord, l’audit initial d’inventaire date de 2008, il y a donc 10 ans. Pour décider et suivre ce projet majeur, il est nécessaire que les élus soient informés de la méthode d’actualisation de l’évolution de la situation des immeubles non réhabilités en termes de risques d’incendie, de vétusté et d’insalubrité. Ce point est important pour l’appréciation des risques et l’ajustement si besoin des actions.

Ensuite, et du fait de la complexité et du caractère très hétérogène des types de propriété et d’occupation, il est nécessaire de suivre, au fil des opérations de réhabilitation, l’évolution de la quote-part prévue de  logements sociaux et de logements à loyer maitrisé.  Nous demandons que nous soit fourni de façon régulière un bilan sur cette répartition des logements. En effet, le coût moyen de réhabilitation par immeuble est de 800 000 euros. Il n’est pas sans impact sur le niveau des loyers. Une communication et une attention particulière sur les niveaux de loyer est donc également nécessaire. La lutte pour le maintien et de la mixité sociale en Centre Ville nécessite ce type d’outils.

Enfin, Nous vous demandons d’informer le conseil sur le nombre de logements insalubres à Rennes, dans le centre ancien comme dans les autres quartiers. Ceci permettrait alors d’envisager l’usage de « permis de louer » si des marchands de sommeil s’entêtaient à louer des logements insalubres.

 

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