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La nécessité d’agir pour les réfugiés à Rennes, déclaration de Jean-Paul au Conseil Municipal du 4 février 2019

            Madame La Maire, chers collègues,

            En ce début février 2019, à Rennes, dans un contexte social, environnemental et démocratique tendu, persiste et s’aggrave la situation de dizaines voire centaines de personnes et familles dites « sans-abris », migrantes pour la plupart.

            Au 4 Allée d’Estramadure, plusieurs dizaines d’entre eux occupent un bâtiment, rue de la Marbaudais également. Ces lieux font l’objet de conventions, de discussions et d’échanges avec Archipel Habitat et les services de la ville.  D’autres lieux d’hébergements existent autour de Rennes, comme à St Gilles ou Thorigné-Fouillard, mais aussi des hébergements dits « solidaires » chez des militants ou dans des associations. Ces lieux et ces personnes, accueillants et accueillis  saturent et craquent. Tout le monde sait aussi que le 115 ne répond pas à toutes les demandes faute de places et de personnels suffisants. Les services préfectoraux sont débordés par le traitement des procédures, provoquant notamment des blocages pour l’accès à un logement y compris pour des gens qui travaillent. Les services de la ville peinent à évaluer la situation du fait de la méfiance de certaines familles à l’égard des solutions envisagées, notamment des solutions de type « hôtel ». En effet, celles-ci maintiennent un important niveau de précarité et d’incertitudes en empêchant les familles de cuisiner sur place, de rester dans les chambres en journée et de s’installer plus de 2 jours.

Toutes ces personnes, dont beaucoup de familles, se retrouvent sous la menace d’expulsions. Ainsi Allée d’Estramadure, le délai initial pour quitter les lieux fixé au 31 janvier se voit repoussé au 08 février, mais après ? Rue de la Marbaudais, il a été évoqué le 31 mars comme date limite, ainsi, tous les jours, ou tous les mois ou tous les  trimestres, des dizaines de familles, des centaines de personnes, avec leurs soutiens locaux, gèrent les questions d’hébergement, de nourriture, de soins, d’accès aux écoles. Chacun peut objectivement comprendre l’ampleur de l’urgence sociale et humaine qui se déroule, ici, à Rennes.

            Samedi 2 février près de 2000 personnes ont manifesté à Rennes pour dénoncer la loi Asile-immigration. Cette nouvelle mobilisation démontre que s’organise et s’amplifie une exigence de solidarités, ce dont nous nous félicitons.

La maltraitance de beaucoup de ces personnes prend racine, certes,  dans un arsenal législatif et règlementaire contestable mais aussi avec des pratiques des services de l’état qui dépassent parfois tout entendement. Ainsi aujourd’hui, nous apprenons des décisions d’application par la Préfecture de la nouvelle loi asile-immigration de manière rétroactive, oui, je dis bien rétroactive, pour les recours entamés avant sa promulgation, ce qui est totalement illégal !

C’est pourquoi, en ce Conseil Municipal de Rennes du 05 février, sachant que notre prochain conseil ne se tiendra que le 01 avril, nous vous demandons, Madame la Maire, de confirmer clairement votre engagement qu’aucun enfant ne se retrouve à la rue, et de reprendre des initiatives adaptées en ce sens.

De la même manière, nous vous demandons également qu’aucune expulsion n’ait lieu à Rennes, ni le 8 févier Allée d’Estramadure, ni le 31 mars rue de la Marbaudais, ni ailleurs.

Enfin, nous vous demandons d’entreprendre urgemment et concrètement, avec ou sans la participation de l’État, la création d’un lieu d’hébergement ouvert toute l’année, 24h/24, avec des personnels adaptés.

Nous tenons à rappeler que ces demandes sont portées par des dizaines d’associations, collectifs, syndicats et organisations politiques de Rennes.

 

 

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