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La nécessité de tenir PSA à l’oeil !

La hausse du niveau de production de l’usine PSA la Janais a fait les gros titres de la presse locale et spécialisée ces dernières semaines. En 2017, le groupe a réalisé 1,9 milliards d’€ de bénéfices. Ce contexte économique favorable est renforcé par l’arrivée en septembre du C5 Aircross dans les lignes de production rennaises, ce dont on ne peut que se réjouir, permettant ainsi à l’usine de tourner avec un carnet de commande conséquent  (100 000 véhicules en 2018, 150 000 en 2019). Une partie de la production du 5008 (40 000 véhicules/an) devrait alors être transférée à l’antenne sochalienne de PSA par manque de capacité de production à Rennes.

Cet environnement économique favorable est le fruit d’importants sacrifices réalisés par les salariés depuis 2013. Celles et ceux qui sont encore là (environ 3000 personnes contre 12 000 en 2005) doivent désormais en récolter les fruits et les précaires obtenir un CDI.

Depuis 5 ans, les salaires sont gelés alors que le coût de la vie augmente régulièrement. La flexibilité des ouvriers est poussée à son paroxysme, ce qui entraîne des conditions de travail largement dégradées. Ainsi, les salariés sont parfois contraints de travailler le samedi, donc 6 jours sur 7, mais aussi 30mns de plus chaque jour, le tout en étant prévenus au dernier moment. Comme c’est souvent le cas, la Direction a prévu qu’un jour férié sera travaillé en juillet prochain. A contrario, en dehors de ces périodes de « rush » les salariés sont régulièrement condamnés au chômage partiel. Autant dire que les vies de familles ont largement pâti de cette organisation du travail.

De la même manière, le recours à l’intérim est massif. Près d’1/3 des ouvriers de PSA sont sous ce statut. Ils subissent une précarité hallucinante puisqu’ils sont employés sous contrats très courts et sont souvent avertis le dernier jour que leur contrat ne sera pas reconduit, avant d’être parfois rappelés une semaine plus tard pour retravailler. Le mépris de l’entreprise pour ces personnes est réel, elles sont jetées puis reprises sans aucune considération.

Malgré tous ces sacrifices et le retour depuis 2015 à une certaine prospérité économique (+35% de chiffre d’affaire), la seule récompense faite aux employés de PSA a été un chèque de 2000€. Rien pour les intérimaires. Le patron de PSA, lui, a pourtant accumulé les primes sur cette période, portant sa rémunération pour 2017 à 6,7 millions d’euros. La Direction rennaise a demandé aux salariés d’attendre le démarrage de la production du nouveau véhicule pour voir leurs conditions de travail s’améliorer et les salaires dégelés : la voici qui démarre en septembre.

Rennes Métropole, par le biais de son Président, E.Couet, doit porter toute son attention sur le respect des engagements de la Direction de PSA la Janais envers les salariés. Cette exigence que notre collectivité doit affirmer est légitime compte-tenu des masses d’argent public qu’elle engage pour soutenir le constructeur automobile. Aides à la recherche et développement, exemption du devoir de dépollution, rachats de terrains … C’est en dizaines de millions d’euros qu’il faut calculer le subventionnement de l’entreprise par Rennes Métropole ces dernières années. Ceci mérite largement un droit de regard et le conditionnement de toute nouvelle aide publique au respect des droits des salariés.