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La nécéssité d’une cohérence contre l’ouverture des magasins le dimanche, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 8 octobre 2018

Le Tribunal Administratif de Rennes a annulé le 6 avril dernier les dispositions préfectorales liées au repos des salariés et par conséquence aux modes d’ouvertures dominicale des commerces. Fort de cette décision les chaines commerciales Cora et Carrefour ont procédé à l’ouverture de grandes surfaces le dimanche.

L’immense majorité des élus de Rennes Métropole a émis un vœu pour revenir à la situation antérieure. Mme la Maire de Rennes propose ce soir d’adopter, via un vœu la même attitude. Les salariés de ces commerces et l’ensemble des organisations syndicales  s’y opposent également avec force. La mobilisation de dimanche dernier devant le magasin Carrefour de Chartres de Bretagne en témoigne de façon éclatante et encourageante.

Nous partageons l’analyse relative à l’impact négatif des ces ouvertures dominicales pour les commerces de proximité de centre ville et de centre bourg. Nous partageons également l’analyse sur la dégradation des conditions de travail des salariés induite par ces ouvertures et l’effet négatif sur le temps que l’on peut consacrer à soi même en dehors des contraintes professionnelles ou commerciales.

Au-delà de votre démarche, que nous soutenons, nous ajouterions plusieurs points.

Ce qui se passe sur le Pays de Rennes participe d’une tendance générale à la dérégulation du temps de travail. Les espaces de repos des salariés sont de plus en plus vus par le système capitaliste comme des marges à grignoter pour augmenter le chiffre d’affaire et les bénéfices. Nous sommes dans le paradoxe suivant : alors que la productivité croît et devrait amoindrir la  durée du temps de travail, c’est la volonté d’augmenter ce temps de travail qui nous est de plus en plus opposée.

Le deuxième point concerne la situation de chaines commerciales comme Carrefour par exemple qui procèdent à la vente de certaines de leurs grandes surfaces au profit d’un statut de magasins franchisés qui deviennent statutairement indépendants des grands groupes. Carrefour a ainsi annoncé début 2018 la fermeture ou la vente de plus de 270 magasins. Ce projet s’accompagnait d’un plan de licenciement de 2400 personnes (sur un effectif de 10 500). L’un des effets de ce mécanisme est la remise en cause du statut des professionnels des magasins revendus. Ces salariés perdent les dispositions statutaires professionnelles acquises par la négociation ou les rapports de force au sein de grands groupes comme Carrefour et Cora. Le résultat en est souvent une détérioration des conditions de travail et une précarisation de l’emploi.

De cette analyse découle le fait que ce principe du repos dominical doit être la règle générale. En dehors des services de secours, médicaux ou de transport, bien entendu. Aussi, la cohérence devrait pousser notre Conseil Municipal à réagir autrement quand il s’agit de l’ouverture des concessions automobiles qui sont autorisées à déroger à cette règle 5 fois par an et sur lesquelles nous sommes amenés à voter régulièrement.

Enfin, de la même manière, notre Conseil a déjà acté la possibilité d’ouverture des magasins plusieurs dimanches par an, au moment des fêtes notamment, ce qui est en contradiction avec ce vœu. Il faut noter qu’à l’époque, des organisations syndicales avaient déjà fait part de leur opposition et de leurs inquiétudes.

Le combat contre la décision du tribunal administratif  doit s’inscrire dans cette vision plus large

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