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Le projet de kiosque sur la Vilaine pose question, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 21 janvier 2019

Madame la Maire, chers collègues,

Nous souhaitons intervenir sur cette délibération car le projet de kiosque artistique sur la Vilaine, quai St-Cyr, pose plusieurs questions.

D’abord, nous trouvons paradoxale la volonté d’embellissement extérieure de la Vilaine alors que la qualité de l’eau de ce fleuve est catastrophique. Nitrates, phosphores, pesticides, matières organiques, le rapport du Syndicat de l’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) de la Vilaine est accablant, il indique que seulement 13% des eaux de surface est de bonne qualité.  Il eut été de bon aloi de s’attaquer à ce problème avant de vouloir embellir ses extérieurs. Aussi, ce projet de kiosque sur la vilaine s’apparente à un joyau sur un tas de fumier.

Ensuite, cet ouvrage interroge sur différents aspects techniques. En termes d’inondation notamment, la règle veut qu’on ne fasse pas obstruction au cours d’une rivière, le risque que le pieu de la plateforme entraîne un amoncellement d’objets est réel en épisode de crue. De même, la nature de l’empiétement sur les berges est très réglementé compte-tenu des risques en zone inondable. À ces sujets, nous serions preneurs d’informations quant aux contrôles et à l’avis des services de l’État.

La question budgétaire peut également se poser puisque le projet est estimé à 1.1 million d’euros (300 000€ pour la plateforme bétonnée et 800 000pour l’œuvre en elle-même) ce qui constitue une somme importante. Bien sûr, le coût pour la Ville de Rennes ne serait « que » de 500 000€ puisqu’il semblerait que 600 000€ aient été trouvés avec du mécénat. Ceci reste une somme importante qui pourrait combler plusieurs initiatives artistiques locales.

Enfin, nous avons un désaccord, qui n’est pas nouveau, sur le processus de prise de décision. Le 9 janvier dernier, vous qualifiez dans les colonnes de Ouest-France cet ouvrage, je cite, de « beau ». Pour des raisons principielles, nous ne pensons pas que le qualificatif de « beau » ou de « laid » pour une œuvre d’art puisse être décerné telle une vérité absolue. La part de subjectivité est importante dans ce domaine. Aussi, nous ne sommes pas d’accord pour qu’une personne seule puisse dire ce qui est beau ou non et, en fonction de son jugement, installe cette œuvre sur l’espace public. Voilà une belle occasion de décision citoyenne ratée.

Face aux multiples limites que nous venons de pointer mais cependant extrêmement sensibles à votre volonté de rendre l’art accessible à tous, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

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