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Le risque de non-respect de l’état d’urgence climatique est un déni de démocratie ! Intervention de Jean-Paul au Conseil Municipal du 14 octobre 2019

Madame la Maire, chers collègues,

Nous sommes sortis du Conseil Municipal de juin dernier avec l’impression que notre ville prenait toutes ses responsabilités face à la crise climatique que nous vivons, en ayant voté deux vœux, demandant, à la fois au Gouvernement d’agir sur le sujet mais aussi en décrétant localement l’État d’Urgence Climatique. L’unanimité qui a prévalu sur nos deux vœux respectifs, relativement rare pour le signaler, mérite d’être soulignée car saluée par beaucoup de citoyen.nes.

Pour rappel, l’ambition portée par ces textes était forte, et elle le reste. Il s’agissait de dépasser le stade de la mise en place de politiques publiques ponctuelles pour une véritable prise en compte, systématique, de l’urgence écologique dans toutes les décisions locales prises par la ville de Rennes. Le 24 juin, notre Conseil Municipal a donc voté la mise en place de 7 mesures fortes :

  • Réétudier l’ensemble des politiques publiques actuellement en vigueur à l’aune de leur impact climatique et environnemental.
  • Mettre en place un processus systématique d’études d’impact climatique et environnemental pour les politiques publiques à venir et rendre ces études publiques.
  • Financer exclusivement les entreprises qui atténuent le réchauffement climatique et ses conséquences.
  • Présenter dans les 6 mois un plan d’urgence de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation à la crise climatique et environnementale.
  • Informer ses habitants sur la crise climatique et environnementale.
  • Mettre en place un conseil d’urgence citoyen chargé de veiller à l’élaboration et au suivi du plan d’urgence et chargé de suivre chaque étude d’impact.
  • Faire en sorte que ces politiques aient parallèlement et systématiquement un objectif d’égalité et de protection sociale pour tous.

Alors, où en est-on aujourd’hui, 4 mois après le vote de ces décisions ? Nulle part. Et nous le déplorons.

Le Parti Socialiste a suivi la demande de Mme la maire, en proposant un texte fusionné pour assurer une communication clarifiée auprès des associations notamment, qui, rappelons-le, ont un rôle déterminant au sein du mécanisme d’état d’urgence climatique.

Dès lors, des échanges ont eu lieu entre nos équipes, Parti socialiste et PG-France Insoumise, en toute bonne foi, pour trouver un texte commun.

Depuis la mi-juillet, et au bout de 4 versions non abouties, nous étions sans nouvelle jusqu’à ce que, après des mails de relances, nous prenions le téléphone il y a un mois environ, pour avoir des nouvelles du texte commun. Il nous a donc été expliqué que finalement, rien ne serait mis en place à l’exception de la 3ème des 7 mesures concrètes, c’est-à-dire la mise en place d’une information de la population sur la crise environnementale. On ne peut pas dire que ce soit la plus contraignante.

Non seulement ce volte-face est fort dommageable en matière environnementale, Rennes se privant tout simplement d’un outil majeur lui permettant de devenir une ville-référente, mais surtout cela révèle un énorme déni de démocratie. Madame la Maire,  comment est-il possible qu’un vœu voté démocratiquement et dans les règles de l’art au sein de ce Conseil Municipal puisse être balayé d’un revers de main? Comment pouvez-vous passer outre l’unanimité du 24 juin 2019 d’un claquement de doigt ?

En fonction des réponses que vous nous apporterez, ou pas, sur ce sujet, nous nous engageons à faire connaître aux Rennaises et Rennais l’incohérence entre certains de vos votes en matière environnementale et les principes de l’État d’urgence climatique ; et nous militerons pour que ce vœu non respecté vous revienne en désaveu.

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