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L’incinérateur de Beauregard, encore et encore

Dans un récent article de Ouest-France, Rennes Métropole confirme la réalisation d’importants travaux sur l’usine d’incinération des déchets de Villejean. Le coût estimé des travaux est de 83 millions d’euros (valeur novembre 2016).  Les travaux débuteront en 2022 pour une durée de 14 mois.

L’un des objectifs est la mise aux normes exigées pour 2023. Nous avons, lors de séances du Conseil de Rennes Métropole et encore récemment, par écrit, interrogé Messieurs Dehaese et Couet sur le contenu de ces coûts. A ce jour il ne nous a pas été précisé si cette somme comprend le surcoût lié au maintien de la fonction chauffage avec un combustible de substitution aux déchets ainsi que celui lié au traitement et au transport des déchets vers  un autre centre sur cette période de 14 mois.

Au delà de la nécessaire transparence des coûts, il faut bien intégrer qu’une opération de cette ampleur technique et budgétaire pérennise pour plusieurs décennies la présence de l’incinérateur à Beauregard, en milieu urbain dense.  Pourtant, l’incinérateur est, par ses résidus solides et gazeux, un facteur de pollution.

Ne l’oublions pas, pour une tonne de déchets avalée par un incinérateur, celui-ci rejettera 6 000 m3 de fumées contenant des polluants divers (dioxines, furanes et métaux lourds, particules fines et ultrafines, etc.), 30kgs de REFIUMS (résidus des fumées captés par les filtres) qui sont ensuite enfouis et 300kgs de mâchefers (résidus déposés au fond des fours une fois la combustion terminée) qui terminent dans la nature, servant notamment à la construction de routes.

Ces polluants ont, à notre avis,  un impact sur la santé humaine. Et rien ne nous dit que dans quelques années, grâce à de nouvelles connaissances scientifiques et médicales, ce qui est aujourd’hui proclamé sans danger ne sera pas jugé dangereux pour la santé.  Chez l’homme, l’exposition aux dioxines et furanes peut être à l’origine d’effets cutanés, immunologiques, cancérogènes et de troubles de la reproduction.

Il est donc inconcevable pour nous de conduire un tel projet sans prendre le temps d’une mise à plat, d’une remise en question drastique du tonnage  de déchets  produits sur la Métropole. L’évolution de l’incinérateur, la question et la gestion des déchets, la recherche d’alternatives moins polluantes (recyclage, méthanisation …) sont des sujets majeurs qui doivent impliquer les citoyens de la Métropole. Nous prendrons des initiatives avec les habitants et leurs associations pour proposer des alternatives à cet équipement.

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