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Qualité des rivières et risques d’inondations, le compte n’y est pas, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 1er avril 2019

  Madame la Maire, chers collègues,

            Les documents qui nous sont présentés sont des documents méthodologiques destinés à aider la préparation du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE), sur la période quinquennale de 2022 à 2027 et du Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) pour la même période. Ces démarches doivent être impulsées

dans les différents États européens suite à une directive européenne de 2007 (Directive 2007/60/CE).

Ici, les deux documents, SDAGE et PGRI, s’inscrivent dans le contexte général du bassin des eaux Loire/Bretagne qui s’étend de façon longiligne sur un axe principal constitué par le bassin de la Loire. Pour illustrer l’ampleur et la complexité du système hydraulique en jeu, il faut noter que celui-ci s’étend en sa longueur, du Puy en Velay à Brest.

Le SDAGE porte sur la stratégie politique à développer pour récupérer et maintenir la qualité des eaux. L’objectif affiché est de retrouver en six ans une bonne qualité sur l’ensemble des eaux de surface. En ce qui concerne les bassins fluviaux

la situation est désastreuse, tant du point de vue de la réalité constatée que de celui de l’incapacité des pouvoirs public et des collectivités à faire évoluer la situation. Je cite les termes du présent rapport «Dans le bassin Loire Bretagne 26% des cours d’eau sont évalués en bon état alors que l’objectif est de 61%. La situation de l’Ille et Vilaine est plus dégradée avec 7% des cours d’eau en bon état ». C’est un constat sans appel qui sanctionne un échec des politiques menées par les majorités PS comme de droite. Nous payons tous, ainsi que la nature et les animaux, vos renoncements. Certes la situation est complexe. Nous avons bien conscience que les différents acteurs et facteurs qui dégradent la qualité des eaux de rivière, et donc notre qualité de vie, sont nombreux, hétérogènes et surtout systémiques.

L’un des facteurs majeurs de la dégradation des eaux de rivière mais aussi des eaux du littoral, est l’agriculture telle qu’elle s’exerce majoritairement dans notre région. Nous le savons, l’usage des engrais, des pesticides, la masse des effluents des élevages intensifs ont un rôle destructeur sur l’écosystème. Les pouvoirs publics ne pourront pas obtenir des résultats plus probants, moins décourageants, sans mettre en cause de façon radicale le mode de gestion hyper productiviste de notre agriculture. Tous les plans, aussi ambitieux soient-ils, toutes les compétences mobilisées, sont sans  cette remise en cause, voués à l’échec.  La pollution du bassin de la Vilaine et celui de la Seiche illustrent aussi des comportements inadmissibles  d’entreprises comme Lactalis, peu soucieuses des questions environnementales et de la santé des poissons. Certes, tout cela ne relève pas de compétences de la Ville de Rennes. Mais voter ce type de résolution, qui ne pose pas les défis essentiels, c’est à notre sens, accepter l’impuissance à agir.

            Le deuxième sujet de cette délibération est le Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI). Autant la question de la qualité des eaux est complexe, autant celle de la prévention des risques l’est moins. Son résultat dépend en grande partie de l’action des collectivités territoriales.

Pour bien situer l’ampleur du risque, prenons quelques chiffres. Il y a en France, 17,1 millions de résidents permanents exposés aux conséquences des inondations. Plus de 9 millions d’emplois sont livrés aux débordements de cours d’eau. Si nous prenons en compte la montée du niveau des océans en conséquence du réchauffement climatique en cours, la maitrise du risque d’inondation est un enjeu humain et économique capital, vital. À ce titre, nous devons dans notre action d’aménagement être rigoureux et sans concession vis à vis de ce risque. Nous avons, à la lecture du document cadre de la délibération, des doutes à ce sujet. Je le cite (début page 4)  «  Enfin, il est proposé que les pistes d’action puissent être valorisées sous l’axe de ralentissement des écoulements, bien plus important que la limitation de l’imperméabilisation lorsqu’il s’agit événements rares sur des cours d’eau à crue lente ». En un mot la Vilaine. J’y lis un appel à réduire les zones qui sont non constructibles aujourd’hui, du fait du risque d’inondation, dès lors que des mesures de rétention d’eau et de flux seraient prises en amont. C’est nier la réalité de la nature. Rennes est une ville, notamment au Sud, bâtie sur de nombreux bras de rivières. Les espaces d’extension du fleuve doivent être préservés. Le contingentement (digues, aménagements) de son lit et des ses zones d’expansion ne doit pas être un appel à construire à tout va. Nous soutenons ce que les associations de défense environnementales exigent, à savoir, qu’on ne modifie pas le lit majeur d’une rivière et on respecte les zones naturelles d’expansion des crues. C’est ce qu’induit pourtant ce rapport. De ce fait nous nous y opposerons.

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