Menu Fermer

« Rennes n’a jamais parlé breton », intervention de Yannick au Conseil Municipal du 23 novembre 2015

Avec le Parti Radical de Gauche, nous sommes les seuls à avoir voter défavorablement au Plan linguistique breton, voici pourquoi.

7075523-10831212.jpg

Madame la Maire, chers collègues,

Cette délibération est en ce qui concerne la volonté de déploiement de la langue bretonne à Rennes très ambitieuse. Au delà d’une politique d’augmentation du nombre de locuteurs potentiels, de 700 à 1200 élèves d’ici 2020, c’est une généralisation de la présence de cette langue qui est mise en œuvre. Je cite par exemple des messages oraux dans le métro, la création de documents administratifs bilingues, la présence des deux langues sur la signalétique urbaine. Cela nous interroge avec force. La capacité à pouvoir apprendre une langue est légitime, à en intérioriser la culture qu’elle induit aussi. Par contre sa présence systématique sur de nombreux points d’usage n’est pas acceptable. Ainsi nous imposons aux Rennais une langue qui n’y a pratiquement jamais été parlée. A la chute de l’Empire romain le breton s’est certes imposé en Bretagne mais plutôt en Basse Bretagne. Rennes a plutôt, dès le IX ième, siècle été le promoteur de la langue romane. En agissant ainsi, sur la capitale de la région de Bretagne, nous imposons une langue. Cette langue est certes une langue historique, riche d’histoire et de culture. Mais la question est –elle vraiment là. L’Europe (l’UE) pousse à la régionalisation, au développement des particularismes non pour simplement les respecter mais pour les inscrire comme champs et éléments politiques majeurs de son action. Un accroissement du morcellement des nations est en œuvre. Or, nous le savons tous, nous n’avons plus que jamais besoin d’une République forte, unie, aux pratiques internes à caractère universel. Ce projet est à nos yeux en contradiction avec cela. Rennes est une ville à vocation internationale, c’est l’une des ses force et de ses fiertés. Il serait plus légitime et opportun de nous interroger sur les moyens mis en oeuvre pour apprendre le français aux étrangers, aux migrants que nous accueillons ou que nous allons accueillir. Nous voterons donc contre cette délibération.

Merci de votre écoute.

Autres articles qui pourraient vous intéresser