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Réponses à la droite sur sa vision de la sécurité, intervention de Yannick au Conseil Municipal du 8 octobre 2018

              Madame la Maire, chers collègues,

              Nous souhaitions aujourd’hui profiter de notre temps de parole pour prolonger le débat régulièrement effleuré par nos collègues de droite sur les questions liées à la sécurité dans notre ville. Autant le dire tout de suite Monsieur Plouvier, vous vous en doutez, nous sommes radicalement opposés à la vision portée par votre groupe.

Au fil des Conseils Municipaux vous axez vos critiques quasi exclusivement sur deux points : la question du déploiement des caméras de vidéosurveillance ainsi que celle de l’armement de la Police Municipale. Nous pensons que vous faites fausse route.

             D’abord, laissez-nous dire que aussi sécuritaire soit la politique menée, elle n’aura pas d’effet concret sur la sûreté des Rennais et la tranquillité publique si la dimension sociale de la problématique n’est pas prise en compte.

Bien sûr que plus faibles seront les dispositifs de prise en charge de la quarantaine de mineurs étrangers non accompagnés qui se livrent à des vols en tous genre, pire seront leurs agissements.

Bien sûr que plus fragiles financièrement seront certaines personnes, plus grandes seront les tentations de recourir aux trafics de drogue Place de la République, à Italie, rue Jules Lallemand ou dans la dizaine de lieux répertoriés pour ce genre d’activités.

Bien sûr que moins il y aura de structures culturelles ou sportives disponibles pour les jeunes plus l’attrait de la petite délinquance (tags, alcoolisation sur la voie publique …) sera important.

Aussi, il est impensable de déconnecter politiques de sécurité et politiques visant à améliorer le bien-être de la population.

           Revenons maintenant à vos deux chevaux de bataille que sont la vidéosurveillance et l’armement de la Police Municipale.

Sur la question des caméras, un rapport très précis débattu en Conseil Municipal il y a un an jour pour jour, rédigé par l’Universitaire Eric Heilmann, montre bien leur inefficacité en tout point de vue. Elles ne servent ni à prévenir les actes délictueux, ni à élucider les affaires judiciaires. Face à ce constat clair et net, vous argumentez de la partialité de ce rapport et de la subjectivité de son rédacteur. Mais avez-vous d’autres éléments chiffrés pour prouver le contraire ? Détenez-vous une étude sérieuse qui montre une quelconque efficacité des caméras dites de vidéo-protection ?

Concernant l’armement de la Police Municipale, il est évident qu’en permettant l’usage d’armes létales ; car oui rappelons que le tonfa et la bombe lacrymogène sont déjà des armes non-létales utilisées par les 75 policiers municipaux, cela concourra à brouiller les limites de compétences entre Police Municipale et Police Nationale. Non, la Police Municipale n’a pas vocation à intervenir quand il y a une agression, un braquage ou une fusillade. Ce n’est pas son travail. Sinon, à quoi bon distinguer ces deux polices ?  Ceci n’empêche évidemment pas leur collaboration, qui se renforce et c’est une bonne chose compte-tenu de la fine connaissance du terrain qu’ont les agents municipaux. Beaucoup de Maires, y compris de droite, ont compris la nécessité de distinguer ces deux polices et nous nous en réjouissons.

        Cela-dit, vous avez raison de pointer la question, essentielle, de la présence humaine sur le terrain pour assurer la sûreté des Rennaises et des Rennais. Voilà pourquoi, nous faisons partie de ceux qui pensent que les politiques de réduction de postes et de centralisation de la Police Nationale mises en place par le Gouvernement mais aussi par les précédents, dont celui de Monsieur Sarkozy, sont une grosse erreur. Comment expliquer qu’il y a 10 ans il y avait un policier national pour 450 habitants à Rennes quand il n’y en a aujourd’hui qu’un pour 600 ? Comment justifier qu’il n’y ait plus de patrouille dans le centre-ville au départ du commissariat de Penhoët ou qu’il n’y ait plus de commissariat du tout Place des Lices ou de la Mairie ? Là sont les vraies questions.

Vous en conviendrez, la Préfecture de notre département aurait beaucoup à gagner à prioriser ces enjeux, de les faire remonter au Ministère de l’Intérieur, plutôt que d’imaginer sans cesse des nouveaux dispositifs pour déloger des familles de migrants qui occupent des bâtiments vides ou de criminaliser le moindre mouvement social.

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