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Toit de la gare de Rennes : le prestige coûte cher ! Intervention de Yannick au Conseil Municipal du 3 décembre 2018

           Madame la Maire, chers collègues,

            La présente délibération porte sur une augmentation des coûts de travaux de la gare de Rennes, d’un montant de 2 700 000 Euros HT (dont 241 000€ pour la seule Ville de Rennes).

            Cette augmentation est liée à une reprises des études techniques initiales, pendant les travaux ayant abouti à une nécessité de renforcer la charpente et de mettre en œuvre une toiture provisoire. Ces dispositions techniques étant nécessaires pour accueillir une couverture définitive en ETFE, (Éthylène tétrafluoroethylène). Cet avenant en plus-value représente 3,5 % du montant de l’opération. La rédaction du projet de délibération décrit sans ambiguïté un problème de conception initiale et de contenu du cahier des charges (CCTP).

            Les marchés de maitrise d’œuvre en général prévoient des clauses de baisse de rémunération des honoraires du maitre d’œuvre en cas de dépassement, en cours de chantier, du coût prévisionnel des travaux. Ici le maître d’Ouvrage (ici conjointement Ville, Métropole, SNCF) assure les conséquences financières de l’erreur de conception du maitre d’œuvre (architecte) en prenant en charge les travaux supplémentaires. C’est assez souvent le cas de la part des maîtres d’ouvrages.

Pour autant les élus doivent, pour se prononcer sur cet avenant, être informés sur deux points. Le montant du marché du maître d’œuvre a-t-il fait l’objet d’une réfaction pour dépassement du coût d’objectif ? Les études complémentaires qui ont du être réalisées par ce même maître d’œuvre, pour corriger son projet de toiture, l’ont elles été à titre onéreux ?

            Par ailleurs, les collectivités promeuvent souvent des ouvrages qui, au delà de leur caractère fonctionnel attendu, répondent aussi à des impératifs de rayonnement et de prestige. Ils deviennent de grands marqueurs architecturaux de la ville. Ce sont souvent des ouvrages à la fois complexes et souvent uniques quant à leurs caractéristiques architecturales et leurs modalités de mise en œuvre. Celles-ci ne bénéficiant pas ou peu, du coup, des acquis de réalisations  antérieures. En construisant  de tels ouvrages la collectivité prend le risque de rencontrer des surprises techniques et budgétaires lors des travaux. Ce type d’ouvrage induit, régulièrement des coûts d’exploitation et de maintenance importants. De plus, ce sont souvent des ouvrages très énergivores.

Les restrictions budgétaires que nous subissons, les impératifs de la transition écologique plaident pour des ouvrages plus modestes, fiables et fonctionnels en non pour des opérations plus prestigieuses. Pour nos équipements collectifs nous devons nous inscrire dans la modération de l’usage de l’argent public donc de l’argent collectif.

Pour toutes ces raisons, nous voterons contre cette délibération.

 

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