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Urgence pour l’hôpital public ! Déclaration de Yannick au Conseil Municipal du 3 février 2020

Madame la Maire, chers collègues,

La situation de l’hôpital Public se dégrade de plus en plus. La crise commencée depuis plus d’une dizaine d’années frappe désormais de façon mortifère des services publics de santé qui ont, par le passé, fait la fierté de notre pays et contribué fortement à l’amélioration de l’état de santé de nos concitoyens.

Il y a eu en France, en 2018, 12,8 millions d’hospitalisations, soit 190 personnes  hospitalisées pour 1000 habitants.

Le budget de 2020 des hôpitaux publics est de 84,2 milliards d’Euros. Pour les experts, cette somme est en deçà des besoins liés à l’évolution démographique et au vieillissement de la population et à l’alourdissement des pathologies. Pour eux, le sous financement de l’hôpital public, est depuis 2015, de 1,5 milliards d’Euros par an. Le résultat est édifiant. Les dépenses des hôpitaux publics français sont inférieures à la moyenne européenne. Plus de six hôpitaux publics sur 10 sont en déficit. Au global, celui-ci atteint 567 millions d’euros.

Cette situation est liée à la politique de casse du service public de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Les néo-libéraux de droite et de gauche estiment que ceux-ci coûtent toujours trop chers. L’autre facteur d’agression des moyens de l’hôpital public est le système de tarification à l’activité dit « T2A ». Les pathologies et leurs traitements sont codifiés et classés sous forme de Groupes Homogènes de Malades (GHM). Il y a environ 2300 types de GHM avec un tarif national pour chacun. Ce système a deux effets très destructeurs.

D’une part,  pour contrer  l’augmentation d’activité, le ministère bloque, voire diminue, les tarifs de GHM. Il accroît ainsi la pression financière et organisationnelle sur l’hôpital.

D’autre part ce système incite fortement les hôpitaux à augmenter leurs activités pour obtenir plus de rémunération. Ce surcroît d’activité a pour effet, à moyens quasi constants, de dégrader en l’intensifiant la charge de travail  des soignants et les conditions de séjours des patients soumis à des rythmes de rotation de plus en plus denses. Un  exemple,  le projet de restructuration du CHU de Rennes prévoit une diminution de 60 lits actifs et des effectifs de personnel afférents. Il annonce une capacité d’occupation théorique des lits de 95%, ce qui est intenable ou alors infernal pour les professionnels et les patients.

Les professionnels de santé sont la force vive de l’hôpital.  Tous les indicateurs les concernant sont au rouge. La pression, les moyens en baisse, la lourdeur bureaucratique de la T2A, le manque de reconnaissance les conduisent de plus en plus au désespoir et à la colère. Il y a 250 services d’Urgences en grève.  De nombreux mouvement sociaux, d’ampleur et de durées significatives, ont lieu depuis plusieurs mois. Les organisations syndicales, les CHSCT alertent, en vain.  Mi-Janvier 2020 plus de mille médecins chefs de services ont menacé de démissionner de leur mission de chefs de service, dont 51 au CHU de Rennes. Cette colère et cette mobilisation absolument inédites des médecins hospitaliers doit inciter tous ceux qui sont attachés à l’hôpital public, à notre CHU, à la plus grande des vigilances. A la plus grande des inquiétudes aussi.  Au moment de vœux 2020 de la Direction Générale du CHU, les soignants ont interpellé la direction et la Présidente du Conseil de Surveillance sur l’état de l’hôpital. Lors de cette cérémonie, ils ont jeté leurs blouses de travail. Les Urgences du CHU sont en grève continuelle. Au CHGR, les professionnels sont mobilisés depuis  3 ans pour dénoncer les manques graves  dans  l’accueil et du suivi des patients en psychiatrie. Cette colère de toutes et de tous est là. Elle est constante  et forte. Elle se poursuivra tant que le gouvernement persistera dans cette politique destructrice.

Nous devrons faire en sorte par notre engagement et notre soutien actif, qu’elle ne se transforme pas en désespoir. Les élus municipaux n’ont certes pas de compétence directe sur la gestion des hôpitaux publics de Rennes. Pourtant l’état du service public de santé a lui un effet direct sur la qualité de vie et la sécurité des habitants de notre ville. Notre  responsabilité en la matière est donc importante.

 

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